Faire vs Être, Yin vs Yang

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Quand on regarde de plus près la société moderne occidentale dans laquelle nous évoluons, on se rend vite compte que cette dernière nous pousse à toujours faire plus, à toujours faire mieux, à toujours avoir plus, à toujours avoir mieux mais jamais à être… ou alors à être plus ou à être mieux !

Nous sommes toujours en compétition et lorsque ce n’est pas avec autrui c’est avec nous-même !

J’ai longtemps été dans la compétition, longtemps pensé que pour être reconnu, appréciée, aimée, je devais faire mieux que… avoir plus que… être mieux que… Jusqu’à ce que je me rende compte que je n’ai rien à prouver à quiconque, qu’il fallait que je m’affranchisse du regard d’autrui et que je n’avais même rien à me prouver : je suis, j’existe et c’est amplement suffisant.

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Faire vs Être

Il y a trois ans, nous avons déménagé et à cette occasion, nous avons changé de canapé. Je me souviens parfaitement de la première fois où je me suis assise dans ce fameux canapé. Je me suis fait la réflexion qu’il était très confortable et que nous avions fait un bon choix Je m’en souviens parfaitement parce que je me suis aussi fait la réflexion que cela faisait 3 mois que nous avions emménagé… En 3 mois, je n’avais pas pris le temps une seule fois de m’asseoir sur ce canapé je trouve que c’est assez révélateur du rythme de vie que je m’imposais à cette époque !

« Plus il y a de choses à faire dans la vie, moins il y a de vie dans les choses à faire. »
De Thomas d’Ansembourg

J’ai passé les dernières années à faire et à « bien-faire ». Est-ce que ça m’a rendue heureuse ? Absolument pas ! Aujourd’hui, j’ai « juste » besoin d’être et de « bien-être » !

« Juste » parce que ça paraît tellement peu d’être et en même temps c’est tellement difficile quand on a passé 30 ans (voir plus souvent) à faire ! Il s’agit de désapprendre à faire, d’apprendre à être et surtout de trouver le juste équilibre pour se sentir bien.

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Faire plutôt qu’être

Yin vs Yang

Il s’agit de la fameuse dualité du Yin et du Yang dans la philosophie chinoise dans laquelle le Yin (noir) représente :

  • la lune,
  • la nuit,
  • l’obscurité,
  • le froid,
  • l’eau,
  • la stabilité,
  • la passivité,
  • l’être,
  • le fémininn

et le Yang (blanc) :

  • le soleil,
  • le jour,
  • la lumière,
  • la chaleur,
  • le feu,
  • le mouvement,
  • l’action,
  • le faire,
  • le masculin.

Yin et Yang sont inséparables, s’opposent et se complètent. Si j’avais pris conscience de ça plus tôt, je n’aurais pas tenté d’étouffer mon Yin sous mon Yang (beaucoup plus valorisée dans nos Sociétés occidentales) et je n’aurais certainement pas fait de burn-out maternel et encore moins de dépression.

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« Rappelle-toi à chaque moment que tu es un être humain, pas un faire humain »
Chloé Bloom

Aujourd’hui encore, si je n’y prenais pas garde, mon Yang aurait vite faire de reprendre le dessus sur mon Yin.

Par habitude mais également parce que je continue à culpabiliser de laisser de la place à mon Yin.

Injonctions/culpabilisation

Paradoxalement, mon mari, lui, n’a aucun mal à assumer son énergie féminine (lui n’a pas attendu 3 mois pour constater le confort de notre nouveau canapé 😀 ) et je crois qu’il en est de même pour la plupart des hommes. Je crois que c’est plus compliqué pour les femmes parce que nous portons les stigmates de plusieurs siècles (pour ne pas dire millénaires) de patriarcat. Des générations entières se sont battues pour que nous ayons aujourd’hui la possibilité d’être des femmes « actives » (remarquez d’ailleurs que l’on n’emploi jamais ce terme pour parler des hommes comme si pour les femmes c’était contre-nature 😉 ) alors oui je culpabilise d’être parfois passive.

Les injonctions de la Société à l’égare des femmes n’ont jamais été aussi exigeantes. Les générations de femmes qui nous ont précédées se sont battues pour que nous puissions jouir des même libertés que les hommes. Bien sûr que la condition féminine s’est améliorée grâce à elles mais les injonctions sociétales n’ont jamais autant pesé sur notre liberté ! Pour être valorisée socialement, de nos jours, il faut faire : faire pour sa famille, pour son mari, pour ses enfants, faire pour son job, faire pour son image, etc. Celles qui ont l’audace de laisser de la place à leur Yin sont souvent pointées du doigt et dévalorisées : celles qui choisissent de ne pas travailler sont des fainéantes, celles qui choisissent de ne pas avoir d’enfant des égoïstes, etc.

Ces dernières années, je me suis conformée pour être valorisée socialement mais je l’ai fait au détriment de mon bien-être.

Aujourd’hui, j’ai compris que j’avais besoin de laisser s’exprimer mon Yin, beaucoup plus que mon Yang (peut-être ai-je du temps à rattraper) et beaucoup plus que d’être valorisée par la Société.

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Je me détache donc chaque jour un peu plus du regard d’autrui pour être moi, juste moi, à l’écoute de mon Yang mais surtout de mon Yin.

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